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Un rêve pour 2030, discours de Arnaud Roussel-Prouvost

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© Katherine Mc Cormack — Unsplash
Un discours de Arnaud Roussel-Prouvost, promoteur immobilier.

Bonsoir à tous,

Avant de lancer la remise de trois prix prestigieux, je voudrais vous livrer quelques mots.

Ce matin, je me suis réveillé avec une impression de sérénité inhabituelle. Quand j’ai remis mes idées en place j’ai compris que je venais de faire un rêve. Rassurez-vous je ne me prends pas pour Martin Luther King mais je vais vous le raconter tout de même.

Nous sommes le 29 mars 2030. Comme tous les matins, je parcoure la presse régionale : le supplément immobilier du journal Nouvelle-Aquitaine  défile dans les lunettes 3D interactives qui m’ont été offertes par le gestionnaire qui m’a loué mon dernier appartement.

Ah oui en 2030, le rapport à la propriété n’est plus le même. Il est très courant de changer de logement chaque année et surtout de rester locataire. La conséquence sans doute d’un vieil impôt baptisé à l’époque Impôt sur la Fortune Immobilière. L’essentiel des logements est aujourd’hui détenu par des investisseurs. La France des propriétaires a laissé la place à la France des Foncières.

En page 3, l’Institut IPSOS révèle que pour la 3ème année consécutive, la profession de Promoteur est classée en tête des professions préférées des Aquitains. Le journaliste justifie sans difficulté ce classement, je le cite :

existe-t-il un plus beau métier que celui qui consiste à participer activement à la transformation des villes et à la construction des logements de nos concitoyens ?

C’est une telle évidence.

En haut à gauche de mon écran un nombre défile : 1 434 232, 1 434 233…

–  non ce n’est pas le salaire mensuel de la dernière recrue des Girondins de Bordeaux, c’est le nombre d’habitants de Bordeaux Métropole en 2030.

Quand on pense qu’en 2018 il était devenu politiquement dangereux d’évoquer une Métropole millionnaire en 2030, quel chemin parcouru…

Et tous ces habitants occupent des logements dont la qualité d’usage est certaine.

Cette situation a été rendue possible grâce à l’effort commun des acteurs tant publics que privés qui a permis des 2019 de créer un véritable choc de l’offre. Et au bénéfice de ce choc de l’offre tant attendu les prix ont mécaniquement baissés.

Je poursuis ma lecture.

En page 4, Madame le Maire de Bordeaux (oui c’est arrivé une femme est devenue notre édile) répond au journaliste qui l’interroge sur ce monde ancien où circulait l’idée selon laquelle un Maire Bâtisseur était un Maire battu.

Madame le Maire de lui faire remarquer que le mandat unique a beaucoup changé les choses et que l’idée de faire délivrer les permis de construire par l’Etat a considérablement fluidifié l’acte de construire.

Je me précipite en page 8 pour y découvrir, la dernière Pyramides d’Argent.

Le jury était presque exclusivement composé d’habitants du quartier où l’immeuble doit être édifié et de futurs occupants.

Il semble que la profession ait réussi à s’approprier le concept de l’habitat participatif sans sacrifier pour autant, aux délais des opérations.

J’avance encore et arrive à la chronique des faits divers :

Un promoteur venu d’Angleterre s’est fait bousculer lors d’une réunion publique de concertation, il avait osé présenter un projet que je vous décris sommairement.

Un immeuble R+1, trop gourmand en emprise au sol et donc en espaces verts ;
Deux places de stationnement par logement alors même que l’on sait maintenant en 2030 que le taux d’équipement en véhicule 100 % électrique est de 0,2 par foyer et que les taxis-drones sont partout en service.
Des appartements ridiculement petits dont je n’ose vous donner les surfaces,
et cerise sur le gâteau (c’est ce qui a déclenché l’émeute) une façade en enduit gratté ! Vous savez l’enduit gratté, eh bien oui, la pierre liquide !

Puis j’ai fini ma lecture avec l’interview de la Présidente de la Fédération du Bâtiment qui se souvenait qu’il y a quelques années on ressentait de vraies tensions dans notre secteur par manque de main d’œuvre qualifiée et d’encadrement de qualité.

Aujourd’hui, les centres de formations d’apprentis sont pris d’assaut, les professions du bâtiment sont plébiscitées par les jeunes et par leurs parents. Les entreprises, les Architectes, les Promoteurs ont enfin les moyens de leurs ambitions.

Les chartes et autres engagements, sans doute utiles dans un passé lointain, sont affichés comme des reliques aux murs de nos salles de réunions.

En haut de mon écran, mes lunettes me sortent de ma lecture pour me rappeler qu’à 10 heures j’ai un cours d’apiculture sur la terrasse de mon immeuble,
qu’à 11 heures je dois récolter les tomates bio que nous dégusterons ce week-end sur le roof-top, avec nos voisins,

Et là je me suis dit qu’elle était belle la vie à Bordeaux Métropole en 2030, tout ça parce que quelques années auparavant tous les membres de la communauté constructive, acteurs publics et privés, s’étaient retroussés les manches dans le respect des contraintes de chacun, pour construire ensemble la Ville de demain.

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