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Scénario #3 — La nature redessine la ville

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Le troisième scénario se dégage de l’ensemble des propositions avec davantage de récurrence. C’est celui d’une métropole en croissance, construisant beaucoup de logements et beaucoup de logements abordables mais selon une organisation spatiale nouvelle.

L’idée n’est plus de construire puis de créer de la nature autour mais bien l’inverse. Les 28 000 hectares de nature de la métropole sont désormais son coeur, son central park métropolitain et l’aménagement urbain se fait sur la totalité de ses franges, selon un plan urbain précis, avec une densité modérée mais une consommation très contrôlée des surfaces urbanisables.

C’est un scénario qui rappelle celui de la construction des villes américaines comme Minneapolis, théorisée par le paysagiste Holmsted, qui créait d’immenses linéaires de parc sur lesquels s’ouvrait l’urbanisation.

Mais ce scénario va plus loin encore. Il considère que le réseau capillaire hydrographique de la métropole doit être mis en valeur. Il faut rouvrir les estays, faire réapparaître l’eau, favorisant ainsi le rafraîchissement de la métropole, le retour de la biodiversité et créant un cadre de vie urbain enviable.

Dans les villes denses, comme Bordeaux, des galeries techniques permettant d’organiser les réseaux, voire de faire de l’aspiration de déchets comme à Barcelone et du passage de petites messageries comme Hambourg est en train de le faire, permettent enfin de pouvoir planter les rues, répondant aux remarques très fréquentes relatives au manque d’ombre.

Comme dans le scénario précédent, la métropole plante 10 000 arbres par an, donne une valeur écologique et économique aux arbres et son PLU est impératif et prescriptif.

Le scénario suppose une organisation souple en matière de mobilité : navettes autonomes, voitures en free floating, taxis collectifs, vélos et vélos électriques afin de rabattre les habitants vers le réseau de transport en commun.

Il place la nature à une place stratégiquement aussi importante que la mobilité, supposant donc des bouleversements non négligeables en termes d’organisation et de budget.

Il inverse le paradigme habituel qui veut que le rural et le péri-urbain ont besoin de la ville et prend le pari que dans quelques années ce sont les villes-centres qui auront un besoin vital du rural, de la nature et de la campagne.

S’il est vertueux et sans doute populaire, il exige de nouveaux outils d’aménagement et une politique disruptive en matière de foncier, de projets immobiliers, de philosophie des projets d’aménagement.

Si le scénario 2 peut évoquer – très schématiquement – Singapour, le scénario 3 pourrait rappeler – dans la générosité de ses espaces de récréation – la ville de Berlin.

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