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Scénario #2 — L’exigence décarbonée règle la ville

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Dans ce scénario, les exigences du développement durable, de l’économie des ressources et de la lutte contre le réchauffement climatique l’emportent sur toutes les politiques publiques.

La métropole lance un nouveau plan de mobilités. Elle interdit la circulation des véhicules thermiques dans Bordeaux et les trois autres grandes villes de la métropole et installe des véhicules électriques en free floating.

Comme à Paris ou à Madrid, elle décide de l’interdiction des voitures diesel à horizon 2025. Elle instaure des péages urbains sur la rocade et les boulevards, sauf pour les voitures en autopartage ou co-voiturage qui disposent d’une file particulière. Elle met en place des navettes autonomes à hydrogène.

Elle élabore un schéma de logistique urbaine très vertueux imposant des livraisons du dernier kilomètre par mode doux, fermant comme en Hollande certains quartiers à l’entrée de tout camion de livraison.

Elle relance la construction de logements et construit de façon très dense et en hauteur afin de préserver de grands espaces de respiration (jardins et parcs, espaces publics).

Elle crée des galeries techniques permettant la réorganisation du sous-sol et donc la plantation d’arbres en pleine terre dans toutes les rues, créant ainsi des îlots de fraîcheur.

Elle fait du plan local d’urbanisme un outil coercitif, imposant des densités minimales. Elle taxe très fortement la vacance des logements et impose à tous les acteurs de la construction de faire appel à des matériaux locaux, de construire en tenant compte de l’ensoleillement et des espaces verts.

Elle impose la réversibilité des bâtiments, interdit l’usage du béton, plante 20 000 arbres par an et rend l’isolation thermique obligatoire y compris dans les bâtiments patrimoniaux. Elle investit dans la R et D des entreprises pour accélérer les recherches sur le stockage de l’énergie afin de développer dans tous les quartiers des smart grids.

Elle crée enfin une carte carbone permettant de limiter les déplacements des personnes au-delà d’un certain seuil.

C’est, à une autre échelle bien entendu, le modèle de Singapour.

S’il est impeccable en théorie, il est sans doute plus difficile à mettre en œuvre pour plusieurs raisons :

  • La première est qu’il serait ressenti comme liberticide par beaucoup d’habitants. Le modèle politique Singapourien n’est pas le modèle français.
  • La deuxième est qu’il est extrêmement coûteux et ne pourrait se faire sans une hausse importante de la fiscalité et qu’il ne permet pas d’assurer la solidarité sociale, et particulièrement dans le domaine du logement.
  • La troisième est qu’il ne correspond pas majoritairement aux propositions ou observations recueillies. Si chaque élément évoqué plus haut est apparu, à un moment ou à un autre, leur somme ne constitue pas un groupe pertinent. Les habitants sont disposés à faire des efforts, certes, mais dans un cadre qui reste celui de la liberté et du respect de la ville dans laquelle ils vivent.

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