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Scénario #1 — La métropolisation continue et s’autorégule

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C’est le scénario du fil de l’eau, celui qui prolonge les politiques et les tendances actuelles. Il est, des quatre scénarios, celui qui – et c’est normal – propose le moins de projets nouveaux et il est donc naturel que les propositions recueillies soient en faible nombre. Ce scénario considère que le phénomène de métropolisation est inéluctable mais qu’une autorégulation naturelle s’organisera.

Dès lors l’exigence d’un projet politique est moins prégnante. C’est un scénario relativement indifférent à l’aménagement du territoire et qui, en termes de coopération avec les villes moyennes proches de Bordeaux, n’ira pas au-delà des politiques déjà engagées sur la base du volontariat, avec quelques villes proches : peu d’incidences budgétaires de ce côté-là donc et la poursuite avec la SNCF de négociations pour développer le chemin de fer de ceinture et la diamétralisation.

En matière de logements, chaque commune reste maître de son jeu comme aujourd’hui, le nombre de maires bâtisseurs restant très minoritaire et le plan local d’urbanisme considéré comme un outil indicatif.

Le SDODM (schéma de développement des déplacements métropolitains) reste inchangé, misant sur le vélo, le BHNS, les liaisons tram vers l’aéroport et Saint-Médard, une desserte améliorée de la rive droite, sans nouveau plan de circulation automobile à l’étude.

La Ville de Bordeaux termine son projet urbain, les autres communes étant libres de se doter ou non de schémas de développement.

La métropole poursuit son travail d’organisation, notamment un schéma logistique et la mise en oeuvre progressive de ses OIM (opération d’intérêt métropolitain), l’université développant son propre schéma sur le campus.

Quelles sont les conséquences prévisibles de ce scénario ?

  • La première sans doute sera la poursuite et l’accélération de l’augmentation des prix de l’immobiliser avec son cortège de conséquences maintenant bien connu : départ de la classe moyenne qui n’a plus les moyens de se loger et qui n’est plus prioritaire depuis longtemps dans l’attribution des logements sociaux, mobilité encore plus difficile notamment sur la rocade et les principales voies d’accès à Bordeaux, perte de pouvoir d’achat de ces salariés contraints journalièrement à des déplacements longs et coûteux et sentiment de déclassement et d’injustice sociale chez eux.
  • Le deuxième est la poursuite du mitage et de l’étalement urbain dont on connaît les coûts en termes de développement durable : consommation de terres agricoles, infrastructures coûteuses, dépenses énergétiques évitables etc…
  • La troisième est sociale. Dans un premier temps, l’entre-soi qui accompagne ces métropoles devenues peu à peu exclusives, accueillant classes créatives, entreprises innovantes, hôtellerie et commerces de qualité est sans doute source de satisfaction. Mais une telle métropole, n’accueillant plus que les plus aisés et les plus pauvres dans ses logements sociaux, ne gagnant que peu d’habitants, verra mécaniquement la fiscalité des ménages augmenter, sauf à revoir à la baisse l’entretien et les investissements publics. Les touristes continueront sans doute à venir faisant de Bordeaux une ville musée, ses étudiants ne pouvant plus trouver à s’y loger. A terme, elle perdra sa capacité attractive.

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