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En route vers le « Grand Bordeaux 2050 »

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© Julie Bruhier
Quel Bordeaux en 2050 ? Les experts invités par l’OISO le 30 mars à la Cité du Vin dessinent un changement d’échelle : un « Grand Bordeaux », smart city inclusive, conurbation allant d’Arcachon à Libourne et d’Angoulême à Marmande, riche de mutations technologiques et numériques, agile et frugale, avec de nouvelles mobilités et répondant aux demandes de ses… 2 millions d’habitants.

«Comment rêvez-vous Bordeaux en 2050?» Telle est la difficile et enthousiasmante question posée par Laurent Mathiolon, président de l’OISO, à six grands témoins, le 30 mars dernier, à la Cité du Vin, dans l’Amphithéâtre Thomas Jefferson absolument comble. Si aucun n’a donné de portrait précis de la ville à l’horizon de ce demi-siècle, tous ont placé en perspective les mutations et les enjeux en cours et à venir.

Pour Michèle Laruë-Charlus, « il est grand temps de penser à 2050. C’est maintenant qu’on le prépare ». La directrice de la mission Bordeaux 2050, fixe le cadre : « il faut être agile et disruptif, parce qu’on ne peut plus planifier. Il faut casser les silos, car on ne peut plus penser logement sans penser déplacement et sans penser emploi. On s’oriente vers de l’urbanisme de projets. Il faut penser global et agir local, croiser les échelles dans l’espace et dans le temps, voir loin et viser court, ne pas s’engager dans des projets à court terme obéreraient l’avenir. Il faut penser aussi l’espace. Quelles que soient les futures limites administratives de la métropole, Libourne, Angoulême, Arcachon, Saintes, Lacanau, Bordeaux, nous serons tous solidaires. Il faut aller y construire, car c’est la seule façon d’arriver à répondre aux demandes des gens. ».

Les mutations de Djamel Klouche

Djamel Klouche affiche lui aussi clairement la méthode, celle d’un changement d’échelle. « Bordeaux a une histoire puissante, avec un projet très puissant, axé autour du fleuve et des quais, qui a été un élément déclencheur. Aujourd’hui il faut changer d’échelle, aller plus loin, et coordonner cette grande échelle avec des enjeux locaux » affirme-t-il. L’architecte évoque trois mutations à prendre impérativement en compte : « celle de l’accélération technologique (intelligence artificielle, datas, véhicules autonomes, design… avec son corollaire, la décélération), celle de l’horizontalité ou de la démocratie locale pour répondre aux demandes de plus en plus précises des habitants, et celle des enjeux climatiques ». Pour lui « il faut trouver un équilibre entre ces trois points, parfois pourtant contradictoires. Bordeaux a les atouts pour trouver le bon chemin face à ces révolutions qui viennent ».

Jacques Mangon constate qu’il va « falloir répondre à une demande plus sophistiquée » mais aussi « beaucoup développer la frugalité, l’humain, parce que la technologie, cela coûte très cher. Il faudra faire du bâtiment qui à la fois coûte moins cher et réponde aux objectifs climatiques, au zéro carbone ». Il insiste sur une certaine modestie contrainte : « Nous n’aurons pas les moyens la possibilité de créer partout des équipements majeurs ».

Un « Grand Bordeaux » de 2 millions d’habitants

Le maire de Libourne Philippe Buisson, savoure « le beau symbole » d’être invité pour parler de Bordeaux 2050. Il concrétise le changement d’échelle. « Il faut penser le Grand Bordeaux » affirme-t-il. « Il faut que la métropole soit inclusive et que Bordeaux 2050 se construise avec les territoires périphériques. Alain Juppé le fait avec l’agglo de Libourne. La levée des frontières est en train de s’opérer » se félicite-t-il. Mais il aborde aussi « la grande difficulté de la mobilité». Il s’agit bien pour lui d’un enjeu majeur : « Il faut mettre les moyens pour lever le frein de la mobilité au sein de la métropole. Le BAL (Bordeaux-Arcachon-Libourne) ne pourra se développer que si l’on a une réponse sur cette problématique. Nous ne pouvons plus être le bouchon de la façade atlantique, avec toute la circulation de la péninsule ibérique et demain du Maghreb qui débouche sur la rocade bordelaise ». Michèle Laruë-Charlus, Jacques Mangon et Robin Rivaton partagent cette vision d’une révolution de la mobilité incluant de multiples solutions.

Et Michèle Laruë-Charlus va plus loin encore lorsqu’on l’interroge sur la taille optimale de la métropole en 2050, jouant même un peu la provocation : « On ne fait pas de prédictions, et le nombre d’habitants ne veut rien dire. Mais le Grand Bordeaux en 2050 sera une conurbation qui ira de Libourne à Arcachon et de Marmande à Angoulême. Dans ce cas ce sera 2 millions d’habitants ! » Un vrai changement d’échelle en effet !

Les intervenants : (Débat animé par JEAN-MARC SYLVESTRE)

  • JACQUES MANGON vice-président à Bordeaux Métropole et maire de Saint-Médard- en-Jalles
  • MICHÈLE LARUË-CHARLUS, directrice de la mission « Bordeaux 2050 ».
  • PHILIPPE BUISSON, président de la Communauté d’agglomération du Libournais (CALI), et maire de Libourne.
  • DJAMEL KLOUCHE, architecte urbaniste.
  • ROBIN RIVATON, co-fondateur de la Real Estech, et auteur du livre «L’immobilier demain».
  • DAVID BABIN, vice-président French Tech Bordeaux.

Verbatim :

Robin Rivaton, co-fondateur de la Real Estech, et auteur du livre « L’immobilier demain » : « il existe un phénomène de métropolisation, de croissance démographique et de décohabitation, alors que les millenials arrivent sur le marché et sont plus exigeants » … « Des technologies déjà amorties financièrement ailleurs commencent à être utilisées dans l’immobilier ».

David Babin, vice-président de French Tech Bordeaux : « rendre la ville plus agile, permettre plus de confort pour ses habitants, c’est la ville intelligente » … « Si je rêvais d’un Bordeaux 2050, il ressemblerait à Sidney aujourd’hui pour ses espaces, sa qualité et son rythme de vie ».

Promotion immobilière : Bordeaux dans le trio de tête

La conférence professionnelle de l’OISO présentant les chiffres d’activité 2017 de la promotion immobilière et du terrain à bâtir en Gironde révèle l’entrée de Bordeaux dans le trio de tête des métropoles françaises (hors Ile de France), tant en ce qui concerne le volume de mises en vente qu’au niveau des prix.

«Bordeaux Métropole entre dans le trio de tête des agglomérations où l’activité de la promotion immobilière est la plus dynamique, avec Toulouse et Lyon, avec 5532 ventes en 2017, 6904 en additionnant les résidences dédiées » se réjouit le président de l’OISO, Laurent Mathiolon.

L’offre disponible (2343 logements fin 2017) ne représente cependant que 5 mois de stocks théoriques. Cela révèle un marché de pénurie, qui va de pair avec des prix soutenus (3910€/m² en moyenne à la vente), en hausse de 230€/m² en un an.

En matière de terrains à bâtir, François Cheminade, vice- président de l’OISO en charge du terrain à bâtir, note un renforcement de la pénurie en Gironde avec 425 offres en stock fin 2017 (-27% par rapport à fin 2016), soit là aussi 5 mois de stock. Le prix moyen de la parcelle vendue en Gironde baisse (96 k€), malgré une augmentation de la taille de la parcelle (710 m²), en raison de l’éloignement géographique.

Contact presse :

Virginie Sicard / Secrétaire Générale OISO 06.73.56.38.25 – v.sicard@observatoire-oiso.fr

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