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Débats de la semaine « Solidarité, migration, valeurs »

©JC Garcia
Chaque semaine, la mission BM2050 invite des acteurs de la société civile métropolitaine du mardi au jeudi afin de débattre sur l’un des sept grands sujets liés au futur de la métropole en vue de préparer les grandes conférences du vendredi. Cette semaine, les nouvelles formes de la solidarité, les enjeux migratoires et la transformation de nos valeurs ont été analysés. Les participants ont abordé trois thématiques spécifiques : les migrations, la jeunesse et les nouvelles formes de solidarité, et l’implication de la société civile dans les solidarités.  

Débat du 05.03.2019 – Les migrations

 Sauf à penser qu’en 2050, l’instabilité politique mondiale, les inégalités de revenu entre pays et le dérèglement climatique auront été résolus, les migrations sont vouées à perdurer. La transformation de nos lieux de vie en espaces plus cosmopolites est essentielle pour notre bien-être économique et social futur : un territoire dans lequel une proportion croissante de la population est exclue ne peut être attractif sur le long terme. Considérant cet impératif, les futures politiques migratoires devront garder à l’esprit qu’une intégration réussie des nouveaux adhérents passe par leur adhésion aux valeurs fondatrices de notre pays. Elles devront également soutenir davantage les réseaux associatifs et bénévoles, qui suppléent largement l’État dans la conduite de ses missions d’accueil. 

 

Plusieurs propositions ont permis de concrétiser ces observations :

  • Considérer les populations migrantes comme des citoyens, indépendamment de leur statut juridique :
    – Inciter, dans chaque association, à la prise de parole : le fait de donner son avis et de contribuer aux décisions communes est un début de citoyenneté
    – Intégrer les migrants volontaires dans les conseils d’administration des associations
    – Rendre obligatoire l’éducation civique pour les populations arrivant en France : grands principes démocratiques, histoire de la République, présentation des institutions, etc.
  • Diversifier les formes d’échange culturel :
    – Faire de l’exil un moment de réalisation, en intégrant le principe de réciprocité culturelle : donner les moyens aux populations arrivantes d’apprendre à leurs hôtes, valoriser leurs savoir-faire traditionnels, etc.
    – Penser une intégration ludique, universelle, indépendante de la langue : échanges culinaires, ateliers de création artistique collectifs, visites de musées, etc.
  • S’appuyer sur les femmes, piliers de l’intégration à l’échelle d’une famille :
    – Soutenir leurs actions, qui créent bien souvent des communautés de partage à l’échelle d’un quartier (repas collectifs, etc.)
    – Proposer un accompagnement spécifique pour les femmes ayant des enfants en bas âge : hygiène, alimentation, soutien moral
    – Affranchir les femmes qui en ont besoin de leur carcan familial
  • Réformer l’apprentissage de la langue :
    – Répartir le public par tranches de niveau : analphabètes, en voie d’alphabétisation, approfondissement, enseignement professionnalisant, etc.
    – Privilégier, dans un premier temps, la maîtrise des codes et phrases utiles plutôt que la conjugaison
    – Penser la réciprocité linguistique : inciter les populations hôtes à apprendre les langues des arrivants pour faciliter leur intégration
    – Ouvrir des cours du soir gratuits aux parents des enfants scolarisés
  • Penser un accompagnement public plus efficace :
    – Créer une direction du génie civique pour coordonner les initiatives citoyennes vertueuses
    – Construire plus de logements pour l’accueil des migrants
    – Améliorer le réseau de permanences administratives
    – Diversifier les formations professionnalisantes de courte durée
    – Mettre en lien le savoir-faire des nouveaux arrivants avec les besoins du marché du travailRégulariser automatiquement les populations ayant trouvé un travail, pour surmonter la réticence des employeurs locaux à embaucher
    – Sécuriser la situation financière des réseaux associatifs et bénévoles
    – Créer un « guide du réfugié » aux échelles nationales et locales, disponible en version papier et numérique (site web, application), et traduit en plusieurs langues

 

Débat du 06.03.2019 – La jeunesse et les nouvelles formes de solidarité 

 La multiplication des formes de solidarité témoigne de la capacité citoyenne à réinventer les valeurs du vivre-ensemble. Aux côtés de la traditionnelle « solidarité d’urgence », l’émergence d’une « solidarité créative », indépendante des institutions et portée majoritairement par les jeunes, questionne la frontière entre le légal et le légitime. Pour lier ces différents réseaux d’entraide, nous devons repenser nos structures de dialogue et de décision : à l’heure où l’innovation sociale se heurte à la rigidité de la loi et du règlement, le renouveau de la coopération entre décideurs publics et citoyens est une nécessité absolue.

 

Plusieurs propositions ont permis de concrétiser ces observations :

  • Décloisonner les initiatives universitaires, entrepreneuriales et associatives :
    – Articuler les communautés numériques aux réseaux associatifs pour augmenter leur réactivité (par exemple : mettre la Croix-Rouge en lien avec le réseau Wanted Community pour la gestion des urgences humanitaires dans la ville)
    – Organiser une fois par an et dans chaque établissement d’enseignement supérieur, des « hackathons solidarité » sur un thème précis ; ils seront évalués et compteront pour la note finale des étudiants
    – Créer, à l’échelle de chaque quartier, des « Maisons de la solidarité », qui organiseront des rencontres mensuelles entre pouvoirs publics, associations et citoyens engagés dans des démarches solidaires. Les débats feront l’objet de comptes-rendus, qui seront transmis aux décideurs publics locaux, régionaux et nationaux
  • Utiliser le logement collectif comme un outil de partage et de réinsertion :
    – Décentraliser certaines formations et logements étudiants, pour créer des logements plus abordables pour les étudiants, lutter contre la solitude estudiantine et redynamiser les villes moyennes
    – Diversifier les solutions temporaires de logement pour les jeunes en mobilité : containers, bureaux réversibles, etc.
    – Pour chaque logement collectif, créer des « salons de vie » regroupant activités ludiques, espaces de travail et de détente
    – Créer des logements collectifs intergénérationnels, favorisant la mixité sociale et l’équilibre homme-femme

©JC Garcia

Débat du 07.03.2019 – L’implication de la société civile dans les solidarités

Communautés numériques d’entraide, projets universitaires, squats autogérés… la « nouvelle solidarité civile », flexible et éphémère, bouscule les approches traditionnelles. Appuyées sur cette expertise citoyenne de proximité, associations et entreprises peuvent créer des partenariats mutuellement avantageux. La puissance publique devra de son côté s’efforcer d’accompagner au mieux l’émergence de cette nouvelle solidarité locale et numérique, par trois outils principaux : la formation, l’incitation fiscale et l’assouplissement règlementaire. 

 

Plusieurs propositions ont permis de concrétiser ces observations : 

  • Lever les freins à une réinsertion durable : assouplir la règlementation pour permettre aux jeunes, régularisés ou pas, de trouver un apprentissage ou d’être employables rapidement
  • Relever les plafonds de défiscalisation, pour accroître le soutien des entreprises au monde associatif
  • Remplacer les subventions publiques par de l’attention publique : faciliter le lancement de l’activité, accompagner, mettre en lien
  • Former les acteurs associatifs, bénévoles et ayants-droits aux outils numériques
  • Former les jeunes à l’utilisation critique des réseaux sociaux : contrôle des sources, bienveillance, etc. 

©JC Garcia

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