fermer

Débats de la semaine « Mobilité »

Chaque semaine, la mission BM2050 invite des acteurs de la société civile métropolitaine du mardi au jeudi afin de débattre sur l’un des sept grands sujets liés au futur de la métropole en vue de préparer les grandes conférences du vendredi. Cette semaine, c’est la thématique de la mobilité qui a été mise à l’honneur. Les professionnels du secteur ont identifié les problématiques inhérentes à trois secteurs clés de la mobilité : les transports collectifs, la mobilité autonome et la logistique.

Débat du 29.01.2019 – Mobilité : Quels transports collectifs demain à Bordeaux ?

 

Le premier débat de la semaine Mobilité portait sur les transports collectifs. Devant un public une nouvelle fois présent en nombre, les intervenants ont rappelé les deux enjeux principaux des politiques de mobilité métropolitaines. Le premier est qualitatif : la mobilité de demain doit tenir compte de l’irrégularité croissante de nos modes de vie et de l’extension de nos aires de déplacement, ce qui implique de penser des solutions globales pour des enjeux de plus en plus différenciés. Le second est quantitatif : les politiques de mobilité doivent composer avec la croissance démographique exponentielle qui caractérise la métropole. Parmi les propositions formulées à l’issue du débat, l’amélioration de l’intermodalité, le contournement des heures de pointe via la mise en place d’horaires décalés et la refonte de la gouvernance des transports ont fait consensus.

Plusieurs propositions ont permis de concrétiser ces observations :

  • Gouvernance : créer un syndicat unique des transports à l’échelle de l’aire de vie (et non pas l’aire administrative) de la métropole, pour coordonner les politiques de mobilité ;
  • Élargir le panel des mobilités traitées par la puissance publique, pour dépasser la seule problématique des déplacements pendulaires (déplacements domicile – travail) ;
  • Faciliter les pratiques intermodales, via plusieurs actions concrètes :
    – Améliorer la transition transport ferroviaire – mobilités douces en repensant l’équipement en vélos, trottinettes, etc. des gares SNCF ;
    – Mieux relier la ceinture de Bordeaux (sous utilisée) à la ville-centre et à la périphérie ;
    – Intégrer davantage l’automobile et la marche à pied dans les plans de mobilité futurs ;
    – Construire des parkings relais aux abords des grands pôles d’échange ;
    – Mettre en place une cartographie unique répertoriant l’ensemble des moyens de transport disponibles dans la métropole ;
    – Créer un Bureau des temps dont l’objectif principal sera de réduire au maximum les temps d’attente entre deux modes de transport différents ;
    – Améliorer la lisibilité de la signalétique et l’efficacité de la billettique.
  • Accélérer la diamétralisation des transports (c’est-à-dire, couvrir le diamètre de la métropole bordelaise par un transport en commun) afin de :
    – Réduire le temps de transport nécessaire entre le Nord et le Sud de la métropole ;
    – Éviter un passage systématique par le centre-ville pour les actifs habitant et travaillant en périphérie.
  • Sécuriser les pôles d’échange (et en particulier, celui de la gare Saint-Jean) pour réduire le risque d’accident lié à la prolifération des modes de transport.

 

Débat du 30.01.2019 – Mobilité : Vers une mobilité plus autonome ?

Les nombreuses thématiques abordées au cours de cette deuxième journée ont permis de soulever un paradoxe : les politiques de mobilité doivent s’adapter à l’individualisation croissante de nos modes de vie, tout en favorisant la massification des flux de circulation pour rentabiliser les lourds investissements consentis en infrastructures de transport. Selon les débatteurs présents ce mercredi, l’avènement du numérique pourrait résoudre cette équation, en favorisant la diffusion d’un « sur-mesure de masse » permettant à chacun de disposer de solutions de mobilité collectives, mais personnalisées. La mise en œuvre de ce nouveau modèle devra nécessairement intégrer la voiture, qui reste aujourd’hui le moyen de transport le plus populaire et efficace, en particulier dans les espaces ruraux et périurbains. Enfin, l’autonomisation de l’ensemble de la population passe par l’amélioration de l’intégration des publics les plus vulnérables dans les politiques de mobilité, ont rappelé les intervenants en conclusion.

Plusieurs propositions ont permis de concrétiser ces observations :

  • Compléter les plans de mobilité par l’introduction de « microvoitures urbaines » ;
  • Mettre en place un réseau de transport aérien desservant l’ensemble du territoire métropolitain ;
  • Aménager la voirie (marchabilité, signalétique) pour favoriser l’accessibilité des transports collectifs aux publics les plus « fragiles » (seniors, jeunes, malades, handicapés, etc.) ;
  • Anticiper les pistes de reconversion sociale (impact négatif de l’automatisation des transports sur l’emploi) ;
  • Exploiter les mobilités pendulaires pour redynamiser les commerces de proximité situés le long des routes.

 

Débat du 31.01.2019 – Mobilité : La logistique de demain

La logistique était à l’honneur pour ce dernier débat de la semaine. Les spécialistes du secteur ont présenté de nombreuses innovations logistiques, qui renvoient à plusieurs thématiques : acheminement et stockage des biens de consommation, gestion des déchets, création de centres d’échange et d’apprentissage, etc. Leurs bénéfices environnementaux, économiques et sociaux ouvrent des perspectives très positives pour la métropole bordelaise, et, plus largement, pour notre pays. Pour autant, ces innovations ne sont globalement pas intégrées dans des projets industriels pensés à grande échelle et sont souvent entravées par une règlementation rigide et fragmentée, de l’avis de l’ensemble des débatteurs. Pour eux, la puissance publique doit impérativement réagir pour mieux accompagner ces transformations, d’autant plus que le poids du facteur logistique sur les enjeux d’aménagement et de mobilité ne cesse de croître.

Plusieurs propositions ont permis de concrétiser ces observations :

  • Développer des mécanismes incitatifs pour inclure davantage les citoyens dans le recyclage de leurs déchets :
    – Créer des « points d’apport volontaires » pour seconder la traditionnelle collecte en porte à porte ;
    – Populariser les déchetteries nouvelle génération destinées à réduire le taux de gaspillage et à réintégrer les déchets dans le circuit économique ;
    Exemples : SMICVAL Market, déchetteries mobiles, etc.
  • Réduire la fréquence des collectes ;
  • Renouveler les flottes de véhicules de collecte pour passer au « tout électrique » ;
  • S’appuyer sur la data pour optimiser le processus de collecte ;
  • Rééquilibrer les flux logistiques en augmentant la part modale du transport fluvial ;
  • Prévoir systématiquement des espaces dédiés à la logistique dans les actes d’aménagement urbain :
    – Multiplier les espaces logistiques de proximité (ELP) et mutualiser les zones de stockage pour améliorer le réseau de logistique urbaine dans Bordeaux ;
    – Développer les dimensions servicielle et citoyenne de la prestation de livraison, en créant des centres intégrés prévoyant des lieux d’échange et des espaces d’apprentissage ;
  • Augmenter le taux de remplissage des camions, via des commandes groupées entre commerçants d’une même zone ;
  • Adapter la règlementation publique aux défis logistiques :
    – Décloisonner la règlementation pour faire émerger une vision partagée entre les différents acteurs (routiers, fluviaux, ferroviaires, etc.) de la logistique ;
    – Adopter des mécanismes plus coercitifs pour sanctionner les transporteurs ne respectant pas les règlementations spécifiques à la logistique de centre-ville (horaires limites d’arrivée et de départ, etc.).

Voir aussi

Facebook Twitter Youtube Newsletter