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Débats de la semaine « Emploi travail »

15 février 2019 - Grande Conférence Emploi Travail Kedge - Talence
Chaque semaine, la mission BM2050 invite des acteurs de la société civile métropolitaine du mardi au jeudi afin de débattre sur l’un des sept grands sujets liés au futur de la métropole en vue de préparer les grandes conférences du vendredi. Cette semaine, ce sont les enjeux relatifs à l’emploi et au travail qui ont été passés au crible. Les universitaires, entrepreneurs, industriels et acteurs de la société civile présents ont questionné nos lieux et modes de travail le mardi et le mercredi, avant d’aborder la question du tourisme le jeudi.

Débat du 12.02.2019 – Emploi-Travail : Travailler autrement

Le premier acte de cette cinquième semaine de débats portait sur les transformations de nos modes de travail. Après avoir rappelé l’impact de ces mutations sur nos modèles d’organisation collective – citant pêle-mêle l’automatisation de plusieurs secteurs, l’accroissement de la flexibilité du travail et des reconversions professionnelles, l’effritement du salariat et le développement du travail en freelance -, les participants se sont posés la question de leur accompagnement. Comment améliorer le bien-être au travail ? Quelles seront les actions à mener pour appareiller au mieux le concept de flexibilité à celui de sécurité ? Comment diffuser les transformations organisationnelles en cours sur l’ensemble du territoire ? La refonte des politiques de formation, l’amélioration de l’offre de mobilité et le renforcement des coopérations public-privé pour le design de chaque projet économique sont des pistes à explorer pour relever ces défis passionnants.

Plusieurs propositions ont permis de concrétiser ces observations :

  • Repenser les politiques de formation, pour adapter au mieux les futurs diplômés aux nouvelles réalités du marché du travail :
    — Identifier les métiers amenés à disparaître et anticiper les plans de reconversion
    — Renforcer qualitativement et quantitativement l’offre de formation pour les métiers « porteurs » (artisanat, tourisme, services, NTIC, ingénierie, etc.)
    — Populariser les formations en alternance
  • Soutenir la création d’espaces – physiques ou virtuels – d’échange et de partage :
    — Pour améliorer le bien-être des populations actives et rompre l’isolement des travailleurs indépendants
    — Pour rendre effectif le principe de l’apprentissage continu
    — Pour mutualiser les expertises sur chaque projet
    — Pour sécuriser les trajectoires des start-ups en création
  • Accroître la collaboration en amont entre élus locaux, entreprises et associations :
    — Pour adapter au mieux chaque projet économique à la réalité socio-économique du territoire dans lequel il s’inscrit
    — Pour lutter contre l’accroissement des inégalités territoriales (infrastructures, concentration des activités économiques)

Débat du 13.02.2019 – Emploi-Travail : Où et comment travailler ?

Les intervenants de cette deuxième journée ont établi un constat clair : la multiplication des innovations technologiques et sociétales transforme le travail, dans sa nature et dans sa géographie. En libérant nos tâches quotidiennes de certaines contraintes techniques, elles redéfinissent la relation entre producteurs et consommateurs. En atténuant la dépendance à un lieu physique donné et en dématérialisant les lieux d’échange, elles ouvrent la porte à la réimplantation des lieux d’activité dans les zones éloignées de la ville-centre. À l’échelle locale, les associations, entrepreneurs et bénévoles s’affirment de plus en plus comme des acteurs centraux de l’innovation de proximité, secondant par là même l’Etat dans certaines de ses missions. Pour intégrer aux mieux ces évolutions dans nos choix collectifs – qu’ils soient économiques, sociaux ou environnementaux – il est fondamental de penser un projet citoyen consensuel tenant compte des aspirations de l’ensemble des habitants de la métropole, ont conclu les participants.

Plusieurs propositions ont permis de concrétiser ces observations :

  • Améliorer la qualité de la couverture numérique des territoires ruraux pour en (re)faire des pôles d’activité économique (télétravail, formation à distance, etc.) et lutter contre leur désertification
  • Généraliser l’offre de formation à distance
  • Mettre en place des Comités citoyens de décision pour décider plus démocratiquement du maintien ou non – via le paiement de frais supplémentaires – de lieux physiques de conseil
  • Renforcer le soutien public aux initiatives associatives et citoyennes (associations de réinsertion, Pacte pour la transition, etc.) pour inventer un modèle de résilience partagé dans tous les domaines
  • Repenser le soutien au travail bénévole, en inventant des modes alternatifs (et non-pécuniers) de rémunération : troc, échange de services, etc.
  • Repenser l’accompagnement des entrepreneurs pour sécuriser les prises de risque

Débat du 14.02.2019 – Emploi-Travail : Quelle politique touristique en 2050 ?

C’est la thématique du tourisme qui a été choisie pour animer le dernier débat de cette semaine « emploi-travail ». En introduction, les spécialistes du secteur ont rappelé les avantages (en termes d’activité économique et d’emploi) et les inconvénients sociaux et environnementaux (risques de saturation, d’accroissement des inégalités territoriales, de destruction des espaces naturels, etc.) liés à la croissance exponentielle de l’activité touristique dans la métropole bordelaise. Ils ont ensuite plaidé en faveur d’un modèle local et raisonné pour apporter une solution viable à cette problématique. En soutenant l’élargissement spatial et social des points d’intérêt touristique, la métropole bordelaise peut en effet participer à la préservation de son environnement, à l’amélioration de la répartition des bénéfices liés au tourisme et à la promotion de sa diversité naturelle et patrimoniale. Ce « tourisme de contenu » ne doit pas uniquement concerner les étrangers de passage, ont alerté les intervenants ; il doit également inclure les habitants de la métropole, en dévoilant à tous les trésors cachés du territoire.

Plusieurs propositions ont permis de concrétiser ces observations :

  • Inclure une dimension touristique dans chaque acte d’urbanisme et/ou plan d’aménagement (PLU, SCOT, SRADDET, etc.)
  • Penser les aménagements touristiques en direction des visiteurs passagers, mais aussi des locaux :
    — Exploiter davantage la diversité des espaces métropolitains : villages de charme, fleuves, marais, landes, forêts, etc.
    — Mettre davantage en valeur la spécificité du patrimoine bâti de la région (carrelets, habitations troglodytiques, etc.)
    — Créer des parcours touristiques articulés aux lieux de vie situés à proximité pour en faire bénéficier les populations locales et favoriser l’échange interculturel
  • Soutenir la diversification des points d’intérêt dans la ville de Bordeaux :
    — Poursuivre l’aménagement de la rive droite
    — Valoriser les spécificités de chacun des quartiers de la ville
    — Exploiter le potentiel des friches et sites urbains

Voir aussi

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