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Débats de la semaine « Culture et liberté »

©JC Garcia
Chaque semaine, la mission BM2050 invite des acteurs de la société civile métropolitaine du mardi au jeudi afin de débattre sur l’un des sept grands sujets liés au futur de la métropole en vue de préparer les grandes conférences du vendredi. Pour la dernière semaine de débats, la culture a été mise à l’honneur. Mardi, l’avenir du cinéma et de la lecture a été abordé ; mercredi, c’est le lien entre culture et pouvoirs publics qui a été questionné ; jeudi, la relation entre culture et espace public a fait l’objet de débats nourris. 

Débat du 12.03.2019 – Cinéma et lecture

 S’il n’y a pas de concurrence entre les bibliothèques et les librairies, car les lecteurs fréquentent les deux, et s’il n’y a jamais eu autant de  livres publiés, on sait aussi que le nombre de lecteurs n’augmente pas, ce qui précarise les écrivains, mais surtout, que le temps de cerveau disponible ne cesse de baisser en raison de la concurrence des écrans. Dès l’entrée en 6e par exemple, le temps consacré à la lecture chute… Les écrans ne tueront peut-être pas la lecture mais…
Quant au cinéma, il se porte bien en France mais il est très regrettable que les séries de bonne qualité ou les films produits par exemple par Netflix ne sortent pas en salle. C’est au total le cinéma dans sa globalité qui en pâtit…

 

Plusieurs propositions ont permis de concrétiser ces observations :

  • Créer un festival de cinéma métropolitain, qui s’organiserait de manière itinérante sur l’ensemble du territoire métropolitain (changement annuel de lieu), et qui valoriserait les artistes locaux
  • Faire de la télévision locale un outil de développement des territoires :
    – Créer une télévision participative à l’échelle de la métropole
    – Créer un live territorial dédié aux questions et initiatives locales
    – Augmenter le nombre de documentaires régionaux
    – Soutenir les artistes amateurs de la région
    – Créer un concours documentaire réservé aux jeunes, et diffuser la production de l’équipe gagnante
  • Multiplier les points d’accès au livre, rendre la lecture plus ludique :
    – Poursuivre la modernisation des bibliothèques : espaces intergénérationnels d’animation et de présentation
    Relancer les bibliothèques mobiles
    Installer plusieurs boîte à livre dans chaque quartier

Débat du 13.03.2019 – Culture et pouvoirs publics 

La France a la chance de disposer d’un ministère de la culture et de collectivités fortement engagés, d’où un paradoxe : la culture est souvent descendante et/ou, dans beaucoup de cas, fortement incarnée par des personnalités. Festivals, biennales, opéras, théâtres se définissent d’abord par une programmation. Est-il dans ces conditions possible de proposer une culture non incarnée et indépendante du politique ? L’émergence, sur Facebook, Instagram ou Twitter, d’une culture horizontale et créée par tous a apporté un début de réponse : désormais, chaque internaute peut produire, diffuser et commenter du contenu culturel. Cela signifie-t-il pour autant que nous sommes plus libres et autonomes dans nos actions quotidiennes ? Quand la simple notoriété due aux réseaux sociaux devient un signe d’excellence, ne doit-on pas entrer en résistance ? A l’heure de « l’infobésité » et des fake news, chaque citoyen doit être en mesure de s’auto-défendre, par la pensée critique et le recul réflexif.

 

Plusieurs propositions ont permis de concrétiser ces observations :

  • Inventer une formation aux enjeux numériques, pour tous les citoyens :
    – Former les acteurs associatifs, bénévoles et ayants-droits aux outils numériques-
    – Former les jeunes à l’utilisation critique et raisonnée des réseaux sociaux : contrôle des sources, bienveillance, etc.
    Développer le data journalism pour renouveler l’enquête journalistique et le matériau exploitable
    Solliciter les GAFA pour créer un environnement numérique spécifique autour des fake news, qui respectera la liberté d’expression tout en proposant des lectures alternatives pour chaque évènement
  • Remettre le public au centre des politiques culturelles, pour contrer l’intimidation culturelle et la logique d’offre : poursuivre les efforts de sensibilisation et d’ouverture dans tous les domaine.
    Lutter contre la paupérisation des artistes :
    Réinventer le métier d’artiste : créateur, mais aussi formateur, pédagogue et accompagnateur, pour viser un public plus large et sécuriser sa situation financière
    Utiliser les recettes issues de la taxe sur les GAFA pour repenser un modèle de rémunération des artistes, dont les droits d’auteur sont mis en danger par le numérique et les réseaux sociaux
    Replacer l’art au cœur des villes : augmenter la taxe sur la vacance pour lutter contre les logements inoccupés, proposer de réductions de loyer en échange de cours d’art tout public, etc.
    Populariser les solutions locales d’échange de biens, services et compétences sous-utilisées pour améliorer le financement des activités culturelles

 Débat du 14.03.2019 – Culture et espace public

 L’espace public est le lieu où des communautés différentes peuvent se côtoyer sans heurts. Les quais de Bordeaux en sont un bel exemple.
Mais derrière la simplicité de cet aménagement
se cache beaucoup de sophistication. Pour être réellement partagé, l’espace public doit permettre de très nombreux usages : il ne doit donc pas être surdéterminé, ce qui ne signifie pas qu’il ne répond pas à une programmation lui permettant d’être inclusif, ouvert à tous et particulièrement aux femmes. Un espace peut devenir public par ajout d’un élément : c’est le cas pour les refuges périurbains de la métropole. Il peut aussi le devenir en raison de sa résilience : c’est le cas de l’aéroport de Tempelhof à Berlin. En dehors des espaces publics physiques, la culture du partage se réalise au cœur des entreprises et de la société civile. Le développement de nouvelles formes d’échange, via la mise en place de Systèmes d’échanges locaux (SEL), facilite le financement des projets culturels et renforce les liens de proximité. D’autre part, il faut continuer à mixer les activités sociales et culturelles pour diversifier les publics : le succès du programme Démos (Dispositif d’éducation musicale et orchestrale à vocation sociale) en atteste.  

 

Plusieurs propositions ont permis de concrétiser ces observations :

  • Démocratiser la création culturelle :
    Penser des lieux culturels en harmonie avec le paysage social et naturel environnant : programmes architecturaux décidés collectivement, lieux de passage et de détente, espaces de restauration collective, programmation artistique et évènementielle co-concertée entre exploitants du lieu et habitants du quartier, etc.
    Favoriser les mises à disposition temporaires de l’espace public : tester l’appropriation collective des projets artistiques sur la base d’indicateurs co-construits… une forte adhésion conduira à une mise à disposition permanente, et inversement
    Créer plus d’espaces publics « zéro aménagement », pour favoriser leur libre appropriation, sur le modèle du parc Tempelhof à Berlin
    Exporter les activités culturelles hors de leurs lieux de réalisation classiques, pour diversifier leur public cible et renouveler leurs modes d’expression
    Créer un festival de cinéma métropolitain, qui s’organiserait de manière itinérante sur l’ensemble du territoire métropolitain (changement annuel de lieu), et qui valoriserait les artistes locaux
©JC Garcia
©JC Garcia

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