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Débats de la semaine « Aménagement du territoire et climat »

Chaque semaine, la mission BM2050 invite des professionnels du mardi au jeudi afin de débattre sur un des sept grands sujets liés au futur de la métropole en vue de préparer les grandes conférences du vendredi. Cette semaine était consacrée à l’aménagement du territoire et au climat. Des architectes, urbanistes, universitaires et professionnels de la construction se sont livrés à un exercice prospectif pour penser l’aménagement urbain et rural de demain.

Débat du 22.01.2019 – Aménagement du territoire et climat : Quelle métropole pour demain ?

Le premier débat de la semaine, dédié à la métropole de demain, a fait salle comble. Urgence environnementale, pression démographique, allongement de l’espérance de vie… l’ensemble des enjeux entourant la construction de la métropole de demain ont été abordés. L’aménagement urbain du futur porte une double responsabilité, de l’avis de l’ensemble des participants : celle de ne plus consommer d’espace naturel supplémentaire, et celle de tenir compte du désir d’épanouissement individuel d’une majorité de la population. Le recours aux espaces périurbains et ruraux peut être une solution crédible à certaines de ces problématiques, si tant est que ces territoires bénéficient d’une offre de mobilité efficace. A l’intérieur de la métropole bordelaise, il faut faciliter l’accès de tous au logement, via le développement d’une offre d’habitation à prix abordables et la mise en œuvre de politiques fiscales incitatives destinées à libérer le foncier constructible.

Plusieurs propositions concrètes ont permis de concrétiser ces observations :

  • Lancer un concours d’idées sur la thématique des logements collectifs ; le(s) gagnant(s) se verront octroyer des terrains constructibles pour tester leurs projets ;
  • Améliorer l’offre de logement des villes moyennes en accélérant la rénovation de leurs centres-villes ;
  • Introduire plus de souplesse dans les rapports locatifs en développant les baux modulables ;
  • Expérimenter les lignes temporaires de transport (cars express, etc.) ;
  • Se battre pour que l’orientation des mobilités entre zones périurbaines et métropoles relève de décisions locales et non nationales ;
  • Créer un syndicat unique de transport à l’échelle de l’aire de vie de la métropole.

 

Débat du 23.01.2019 – Aménagement du territoire et climat : Vers un logement à la demande ?

La seconde rencontre de la semaine portait sur la question du logement. Architectes, urbanistes, promoteurs immobiliers et professionnels de la construction ont souligné la nécessité de réformer nos modes d’habitat, au regard des urgences climatiques et démographiques pesant sur la métropole bordelaise. Densification urbaine dans les métropoles, réhabilitation du patrimoine bâti et valorisation des espaces naturels dans les zones rurales et périurbaines : les chantiers sont nombreux et passionnants. L’ensemble des acteurs du logement devront également relever le défi du « zéro carbone », en tenant compte des spécificités des milieux naturels environnants, de la provenance et de la nature des matériaux utilisés pour la construction.

Les solutions proposées par les participants sont les suivantes :

  • Réduire le taux de vacance des logements situés dans la métropole, via la mise en place de mécanismes fiscaux incitatifs ;
  • Intégrer des exigences environnementales plus élevées dans les commandes publiques, en s’assurant de la cohérence des objectifs environnementaux visés ;
  • Inclure davantage les habitants dans la construction des logements collectifs du futur, pour cerner au mieux leurs besoins ;
  • Réduire la contrainte règlementaire pesant sur les innovations en matière d’habitat ;
  • Transposer le modèle de l’habitation collaborative urbaine aux zones rurales, pour mutualiser le savoir-faire de ces territoires au sein de lieux d’échanges dédiés ;

 

Débat du 24.01.2019 – Aménagement du territoire et climat : Adapter l’architecture au changement

Le constat dressé à l’issue de ce troisième et dernier débat de la semaine est sans appel : au fil des années, nous devenons de plus en plus performants en matière d’émissions carbone, de gestion de l’eau et de l’énergie… mais, en valeur absolue, notre bilan empire sur ces trois points. Au-delà des solutions techniques, l’urgence environnementale doit provoquer une transformation plus profonde et générale de notre manière de concevoir le futur, en particulier au niveau architectural. Le recyclage, la réutilisation, la prise en compte systématique des spécificités de nos écosystèmes naturels dans les projets de construction, le recours aux sources naturelles d’énergie doivent être inscrits au premier rang des priorités. L’Etat et les collectivités locales ont la responsabilité d’encadrer au mieux la transformation de nos modèles d’aménagement et de nos méthodes de construction, en proposant des politiques publiques plus inclusives, visibles et intelligibles.

Les solutions à ces problèmes concernent l’ensemble des acteurs de l’aménagement, et sont de natures variées :

  • Instaurer une « carte de crédit carbone » pour chaque citoyen, pour sensibiliser davantage la population aux enjeux environnementaux ;
  • Transformer nos méthodes de construction pour réduire nos émissions CO2, en s’appuyant sur 7 principes clés :
    — Éviter au maximum les démolitions, au profit de la réhabilitation
    — Ne plus creuser sous terre, et favoriser les parkings dits « intégrés »
    — Augmenter la part de l’énergie solaire dans la production d’électricité
    — Recourir à la ventilation naturelle pour remplacer les climatiseurs électriques
    — Densifier le tissu urbain, en priorisant l’habitat collectif
    — Proposer un habitat sur-mesure, flexible et aisément transformable
    — Créer des continuités écologiques au sein des villes, pour protéger la biodiversité
  • Au niveau des administrations publiques :
    — Inclure davantage la société civile dans la modélisation et la conduite des projets publics ;
    — Populariser le sourcing pour construire des appels d’offre plus en phase avec la réalité du terrain ;
    — Renforcer les capacités d’ingénierie des administrations publiques ;
    — Accélérer le passage d’une logique de projets nationaux, planifiés et standardisés, à une logique de projets locaux, personnalisés et flexibles ;
    — Assouplir la règlementation pour libérer l’expérimentation.

Voir aussi

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