fermer

Comment voyait-on 2046… en 2010

© Nicolas Michelin
Penser l’avenir du territoire est un exercice permanent. En 2010, la biennale Agora, posait ces questions : À quoi ressemblera Bordeaux en 2046 ? Comment vivra-t-on dans cette communauté urbaine devenue millionnaire ? L’occasion pour des architectes et urbanistes de renom d’un exercice de prospective pour imaginer l’avenir de l’agglomération une fois les opérations de réaménagement urbains en cours finalisées.

Nicolas Michelin (ANMA) — Une journée de Marie

« Je ne m’attendais pas du tout à faire un film pour Agora 2010, je ne pensais pas traiter le thème du futur de Bordeaux au travers d’une fiction. Je souhaitais présenter des cartographies sensibles de la ville. Pris par le temps, j’ai finalement réalisé une fiction qui raconte Bordeaux en 2046. Nous avons pris le parti de faire une fiction, un pari fou puisque je n’avais jamais fait de film. Je savais exactement ce que je voulais : une actrice et une voix off. Je voulais tourner sur place, truquer l’image puisque l’histoire se passe en 2046. Je souhaitais parler de l’histoire, d’où la scène dans la basilique Saint-Seurin, du futur et du Pyla. Le tournage a duré une semaine, le titre est sorti d’un coup : Une journée de Marie.

C’est un film à tiroir, je crois que les Bordelais qui le voient comprennent tout, tout de suite. Je suis très attaché à ce film. Ce tournage était en tout cas une très bonne expérience qui m’a permis de réaliser d’autres films par la suite. C’est la nouvelle aventure de mon agence ANMA, la fiction m’intéresse pour parler d’architecture. »

— Nicolas Michelin

 

Olivier Brochet (BLP) — Territoires Assemblés

 « Sur un ton relativement léger et introduisant une vision globale du grand Bordeaux, ce film raconte, avec très peu de moyens, ce qui a été fait dans le cadre de la démarche 50 000 logements. Il présente l’intérêt d’être daté et raconte ce qui pourrait être mis en place pour consolider une structure urbaine de qualité entre la Garonne, ses coteaux rive droite et la rocade. Comment faire sur une tache urbaine de la dimension de Paris intra muros, comment doubler le nombre d’habitants sur le territoire bordelais ?

Nous avons cherché dans le discours, dans le récit, des pôles de paysage capables de structurer une identité faite de fragments organisés comme une sorte de puzzle, et dont les thèmes seraient le paysage naturel resté enclavé dans l’expansion urbaine, les friches industrielles ou commerciales, les grands territoires où la place dévolue à la voiture peut permettre l’évolution urbaine…

Agora a permis d’énoncer une vision sur l’urbanisme bordelais de manière pionnière. »

— Olivier Brochet

 

Marcel Bajard (AREP) — Canal Bordeaux

« Il nous a semblé important de travailler sur la problématique des transports et des déplacements en ville. Nous avons imaginé un dispositif très original, supposant qu’en 2046 nous pourrions utiliser des engins de déplacement insolites.

Dans une grande partie des agglomérations françaises, les moyens de transport sont plutôt rayonnants. Ce qu’il manque, ce sont des boucles parce que les lieux d’emploi, les commerces et les universités sont souvent très proches de la couronne externe des villes. Nous avons donc imaginé un équipement pour cette infrastructure routière existante qui pourrait, demain, accueillir un engin de transport performant pour que les lieux de transports soient des lieux de ville et des lieux de vie.

Le public a été très nombreux et assez attentif. Nous avons discuté à battons rompus avec des gens, et lors d’un débat réunissant les trois équipes. Nous nous sommes rendu compte que les gens étaient très sensibilisés à ces questions là et le fait d’avoir essayé de trouver des solutions à travers ce film a été plutôt bien reçu. »

— Marcel Bajard

 

Voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Facebook Twitter Youtube Newsletter