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2050, quelles innovations urbaines pour demain ?

La ville du futur est sujet de tous les fantasmes : voitures volantes, ponts aériens, gratte-ciels immenses aux baies translucides… Mais à quoi ressembleront vraiment les villes de demain ? 2050, rêver le futur.

D’ici à 2050, la population urbaine aura grimpé à 6 milliards de citadins. C’est-à-dire 70% de l’humanité. Les villes connaissent d’ores et déjà des défis auxquels celles de demain devront répondre. Quels sont-ils ? Et quelles réponses y apporter ?

La verticalité : nouvelle mère nature ?

Face à la croissance exponentielle du nombre d’habitants dans les villes, une seule solution pour ne pas poursuivre l’étalement urbain à un rythme effréné : la densification. La ville de demain saura rationaliser l’espace en construisant à la verticale. Mais là où l’imaginaire commun associe la verticalité à des tours de béton impersonnelles et peu conviviales, deux architectes de Singapour proposent au contraire d’en faire de purs édens. Richard Hassel explique « qu’on peut créer une ville très verte, où la nature est dense, et peut-être même plus dense qu’avant que la ville n’existe. La seule solution c’est la verticalité, nous pensons que l’environnement que nous trouvons au sol peut être reproduit aux étages supérieurs, et que la nature y a toute sa place ». Co-fondateur de la pratique architecturale Woha avec Wong Mun, tous deux proposent une vision optimiste de l’avenir, en créant des projets de bâtiments dont la surface dédiée à la végétation dans l’immeuble représente jusqu’à dix fois la surface au sol occupée. Conséquence ? Un retour bienvenu de la biodiversité en ville.

Pour aller plus loin

L’équité et la convivialité

Le Projet Skyville des deux architectes de Singapour intègre également la dimension sociale, puisqu’il s’agit de logements sociaux avec, à plusieurs étages, des parcs publics, permettant à tous d’avoir accès à ces espaces végétalisés. Aux toits de ces immeubles, de grands espaces ouverts au grand public, « pour moi c’est ça la ville de demain, une forte densité urbaine et des gratte-ciels interconnectés pour créer plus de convivialité », évoque Wong Mun.

L’autosuffisance

La ville de demain devra être à même de produire la nourriture, l’énergie et l’eau nécessaires à ses habitants. Pour ce faire, des chercheurs ont déjà pensé à une organisation spatiale optimisée :  des panneaux solaires couvrant les toits des gratte-ciels, bien exposés au soleil, avec au-dessous des cultures de tomates par exemple, favorisées par l’effet de serre des panneaux… C’est là l’idée des fermes urbaines. Le recyclage des déchets pourra être réalisé de manière à produire de l’énergie. On peut également penser à des murs d’algues qui, agissant par photosynthèse, traiteront les émissions CO2 de nos usines.

Pour aller plus loin : l’exemple de la BIQ House à Hambourg

Les biomatériaux

La société Ecovative s’est lancée dans l’industrialisation du Mycélium, un organisme vivant qui pousse dans les forêts et qui relie les morceaux de bois tombés au sol. Elle propose de le détourner en matériau de construction, donc entièrement écologique, pour qu’ainsi la matière vivante soit transformée en brique et remplace le béton. Et pourquoi pas, en maintenant le Mycélium en vie, permettre aux murs fissurés de se réparer tout seuls ?

Pour aller plus loin

Un schéma urbain et des transports plus adaptés

Les villes construites au XXe siècle sont cloisonnées, chaque quartier n’a qu’une fonction : habitations, bureaux, industries… Pour les relier, la voiture a été l’outil le plus utile jusqu’à maintenant, mais désormais les villes font face à des réseaux routiers saturés et à une pollution atmosphérique et auditive qui épuise. Ce modèle n’est plus efficient. Kent Larson, directeur du laboratoire Changing Place, propose un urbanisme participatif. A partir d’algorithmes permettant de simuler embouteillages, consommations d’énergie, temps d’accès à un espace vert etc., celui-ci cherche à pouvoir prédire comment fonctionneront les villes ou les quartiers construits demain.  Trois mots clés pour Kent Larson : densité, diversité et proximité. Il incite à favoriser une meilleure répartition des équipements et services urbains, pour que chaque habitant y ait accès en dix minutes de marche environ. Selon lui, « les villes du futur seront formées de quartiers compacts, reliés les uns aux autres par un système de transport en commun efficace, ce qui encouragera les relations sociales et la créativité. Elles seront beaucoup plus efficaces à vivre ». Il invite donc à s’inspirer du modèle de Copenhague pour développer les réseaux de pistes cyclables, où les mobilités douces ont toute leur place en ville (42 % des déplacements s’y effectuent en vélo), et à développer les transports en commun ou l’autopartage.

La Smart City, ou « ville intelligente »

La ville de demain sera-t-elle une ville hyper connectée, traçant ses habitants et récoltant des données à chaque coin de rue ? Rien n’est moins sûr. En revanche, la ville intelligente pourra donner lieu à des réseaux de capteurs semblables à des neurones, permettant notamment à l’éclairage public de s’allumer selon des détecteurs de mouvements, à des toits amovibles d’abriter les places en cas de pluie, de guider les personnes malvoyantes dans des espaces offrant peu de repères, ou encore d’indiquer aux habitants les zones où les taux de pollution sont élevés et de leur proposer des trajets alternatifs, moins exposés…

En conclusion, une véritable révolution urbaine s’impose, devant faire de la ville du futur une ville plus intelligente, plus participative et plus verte. Penser la ville de 2050, c’est chercher déjà les réponses aux défis urbains d’aujourd’hui. Car 2050, c’est demain.

Voir la vidéo : Les villes du futur

 

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